Micro-BIC en 2026 : seuils et obligations pour les revendeurs
Le régime micro-BIC est le statut fiscal simplifié des revendeurs en achat-revente. Voici les seuils 2026, les cotisations, la franchise TVA et les pièges classiques.
Le micro-BIC, c'est quoi ?
Le micro-BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) est le régime fiscal simplifié applicable aux auto-entrepreneurs qui exercent une activité commerciale, dont l'achat-revente. C'est le régime standard pour un revendeur Vinted, Leboncoin ou eBay qui a passé le cap du particulier.
L'intérêt : formalités très légères, pas de comptabilité complexe, pas de bilan. Tu déclares ton chiffre d'affaires mensuellement ou trimestriellement, et l'administration calcule tes cotisations sociales et ton impôt.
Les seuils de CA en 2026
Pour rester en micro-BIC achat-revente en 2026, tu dois respecter les plafonds suivants :
- 91 900€ HT de CA annuel pour la vente de marchandises (revente de biens, achat-revente). C'est le seuil qui s'applique aux revendeurs Vinted, Leboncoin, eBay.
- 36 800€ HT pour les prestations de services.
- Seuil majoré : 101 000€ pour la revente (tolérance une année). Si tu dépasses deux années consécutives, tu bascules automatiquement au régime réel.
Ces seuils s'apprécient sur l'année civile (1er janvier - 31 décembre). En cas de création en cours d'année, ils sont proratisés au nombre de jours d'activité.
Les cotisations sociales URSSAF
En micro-BIC achat-revente, le taux de cotisations sociales est de 12,3% du CA en 2026. Il couvre : assurance maladie, allocations familiales, CSG-CRDS, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, formation professionnelle.
Exemple : sur 30 000€ de CA annuel, tu paies 30 000 × 12,3% = 3 690€ d'URSSAF sur l'année. La déclaration se fait mensuellement (si option) ou trimestriellement via autoentrepreneur.urssaf.fr.
Tu peux aussi opter pour le versement libératoire de l'IR à 1% du CA (pour l'achat-revente). Dans ce cas, tu paies 1% de ton CA en impôt au moment de la déclaration URSSAF, et tu es quitte côté IR. Pratique si tu as d'autres revenus et que tu ne veux pas alourdir ta tranche.
L'abattement forfaitaire IR
Sans versement libératoire, ton bénéfice imposable est calculé en appliquant un abattement forfaitaire de 71% sur ton CA pour l'achat-revente. C'est l'administration qui considère que 71% de ton CA est "charges", même si tu n'as pas 71% de charges réelles.
Exemple : sur 30 000€ de CA, ton bénéfice imposable est 30 000 × 29% = 8 700€. Ce bénéfice s'ajoute à tes autres revenus pour le calcul de l'IR au barème progressif.
La franchise TVA
Par défaut en micro-BIC, tu bénéficies de la franchise en base de TVA : tu ne factures pas de TVA à tes clients et tu n'en récupères pas sur tes achats. Les seuils 2026 :
- 91 900€ pour la revente : seuil de franchise.
- 101 000€ : seuil majoré (tolérance).
Au-delà, tu passes au régime de TVA. Pour les détails sur la sortie de franchise, voir notre guide franchise TVA.
Quand basculer en micro-BIC ?
La bascule est quasi automatique dès que tu fais de l'achat-revente régulièrement. Les signaux qui déclenchent l'intérêt du fisc :
- Plus de 30 transactions par an sur une plateforme (transmission automatique à la DGFiP depuis 2024)
- Plus de 2 000€ de CA cumulé sur une plateforme
- Achat-revente régulier (sourcing friperie, brocante, puces) distingué de la vente de biens personnels
Même en dessous de ces seuils, si ton activité est manifestement lucrative et régulière, l'URSSAF peut te considérer comme professionnel. Voir notre guide revente occasionnelle 2026.
Les obligations concrètes
- Immatriculation : URSSAF + INPI (guichet-entreprises.fr)
- Livre des recettes : obligatoire, chronologique, sans rature. Voir le modèle de livre.
- Compte bancaire dédié : obligatoire dès 10 000€ de CA annuel deux années consécutives
- Déclaration trimestrielle ou mensuelle URSSAF
- Déclaration 2042-C-PRO aux impôts annuellement
Les pièges classiques
Piège n°1 : oublier que les seuils portent sur le CA, pas sur le bénéfice. 50 000€ de CA avec 3 000€ de bénéfice reste 50 000€ pour l'URSSAF.
Piège n°2 : continuer à vendre en "particulier" alors qu'on est clairement pro. Redressement rétroactif possible sur 3 ans.
Piège n°3 : ne pas mettre de côté l'URSSAF. Sur 30 000€ de CA, 3 690€ + IR doivent être provisionnés. Flypr calcule ça automatiquement.
Piège n°4 : franchir le seuil TVA sans s'en rendre compte. À 92 000€ de CA, tu dois facturer la TVA dès le 1er jour du mois de dépassement.